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Quand le prince Siddhârta Gautama, qui devint par la suite Bouddha, sortit pour la première fois du
palais royal où son père l’y avait enfermé depuis son enfance, il découvrit la souffrance, la vieillesse et la mort.
Le choc fut rude et salvateur
car quelques années après,
il atteignit l’Illumination. Il basa donc son enseignement, le bouddhisme,
sur le fait que le monde était un lieu de souffrance et d’illusion.
La souffrance, le mal et la barbarie sont des problématiques qui viennent hanter constamment la conscience humaine au cours des siècles.
L’espèce humaine se trouve en permanence confrontée à la souffrance due aux guerres et aux comportements barbares.
Connaissez-vous le questionnement qui a le plus souvent hanté George Steiner, le fameux essayiste, disciple du philosophe Heidegger ?
Comment le peuple germanique, si cultivé, produit d’une civilisation profonde et brillante a-t-il pu verser ainsi dans la barbarie à partir de 1936 en exterminant systématiquement des millions de juifs, de tsiganes et d’opposants à sa folie ? Steiner qui a vécu cette période de plein fouet comme un choc épouvantable et fondamental, avoue ne pas avoir trouvé la réponse.
La réponse n'est possible que lorsqu'on sort du
raisonnement purement intellectuel
Hormis les guerres et les génocides dont l’humanité est coutumière, la soumission à l’argent et à l’ignorance sont des
maladies de la société humaine. Notre société occidentale actuelle a mis au point la version adoucie mais tout aussi aveugle de cette absence de discernement du cœur (ce type de discernement
distingue le bénéfique de l’agréable et la bonté de la barbarie).
La manière d’exercer le pouvoir des politiciens, des industriels,
des financiers, des cadres d’entreprise
par la compétition, la pression productiviste,
les brimades, le chantage à l’emploi, les injustices sociales
et les stratégies de pression sur des populations asservies
Ces méthodes ne sont pas si éloignées d'une idéologie totalitaire à laquelle tous les acteurs ayant une responsabilité
obéissent non sans quelques traumatismes (stress, comportements d'évitement, addictions, etc...), ni sans quelque perte de conscience assèchant leur coeur.
L’Homme peut simultanément faire preuve d’excellence et de barbarie
s’il n’unifie pas en lui les plans intellectuel, émotionnel et spirituel dans ses actes.
C’est pourquoi les philosophes ont engendré des systèmes sociaux et politiques idéaux mais souvent pervers dans leur
application et les religions ont succombé à l’intolérance et à la guerre pour diffuser leur message.
Le choix de la non-violence
:
Alors que reste-t-il à l’homme pour définitivement faire disparaître la barbarie en lui ? La non-violence, qui est la conséquence directe du concept spirituel de la nature du monde, vous permet de mener une vie quotidienne harmonieuse sans vous plier à tous les caprices et les égarements de vos contemporains. La non-violence permet d'envisager tous les rapports conflictuels sous un angle humaniste et d’appliquer concrètement une stratégie de combat basée sur le respect, le dialogue et l’action non-violente.
Depuis des siècles, la violence est le principal langage du rapport humain de confrontation avec l'Autre, car les élites
n’avaient aucun intérêt à diffuser une doctrine humaniste permettant une collaboration égalitaire, l’individualisation sociale et l’émancipation des peuples.
Le monde entier a été surpris quand au début du 20ème siècle, Gandhi, un petit homme malingre, avocat de profession, binoclar, habillé de vêtements hors des normes occidentales, s’est
opposé efficacement à l’Empire Britannique grâce à une posture ferme et définitive de désobéissance à un système socio-politique en puisant sa force dans une philosophie yoguique de l’Ahimsa, le
respect de la vie par la non-agression.
Fondée sur des valeurs ayant peu de retentissement en Occident comme la compassion et le renoncement, la non-violence a comme principes actifs la générosité, le désintéressement, la volonté de ne pas faire souffrir et l’action d’agir contre le vice et l'ignorance plutôt que d'agir contre l’auteur du délit ou l’agresseur.
La lutte non-violente se situe au niveau de la vibration de l'action commise et non au niveau de la personne qui commet l'action.
« Manquer à un seul être humain, c'est manquer à ces facultés divines, et par là même faire tort non seulement à cet être, mais, avec lui, au monde entier. » Gandhi in Mes expériences de vérité..
Dieu-champ de conscience, base de la philosophie moniste, sous-tend la non-violence :
Dans la philosophie non-dualiste de Spinoza, ou celle de Husserl, en Occident ; Jean-de-la-Croix et Teilhard de Chardin chez les cathos ; et du Védanta, du taoïsme, du bouddhisme, du soufisme en Orient, on retrouve cette idée fondamentale de l’Unité de l’univers où Dieu est une force fondamentale, un champ de conscience unifié et agissant qui sous-tend et structure la matière, les êtres vivants, la diversité apparente du monde et la multiplicité des formes du monde. La possibilité d’en réaliser la nature se fait par une approche philosophique ou spirituelle consacrée à l’étude de la Connaissance, et par des pratiques et des exercices de Sagesse.
Dieu n’est pas à l’extérieur du monde, il EST le monde. L’Être, si cher à Heidegger, est le JE SUIS permanent, le JE SUIS de l’Existence indépendamment de tout autre objet. Dieu-champ n’est pas dans un ailleurs, il EST vous, il EST moi.
Puisque l’Autre est un autre moi-même éclairé par le même feu divin, je reconnais l’Autre comme un temple vivant et fondamentalement je le respecte, je suis tolérant et attentionné envers ce corps qui, même s’il ne le sait pas, abrite Dieu-champ. Cette attitude qui accroît considérablement l’efficacité de l’approche d’autrui doit être entretenue quotidiennement en cultivant en soi la stabilité de l’esprit. Un esprit stable et ferme engendre les vertus de sainteté et de dignité, d’où sont exclues l’intolérance et l’agressivité
Ce n’est ni par la morale, ni par la loi que l’on peut obliger les hommes à s’aimer. Ni par la religion, depuis 10 000 ans que le fait religieux existe, le monde est toujours aussi perturbé par la haine et la barbarie.
Il faut inverser notre approche de la foi et donc de la vision de l’autre. Dieu-champ de Conscience n’est pas à l’extérieur
du monde, il EST le monde. L’Être est le JE SUIS permanent, le JE SUIS de l’Existence indépendamment de tout autre objet. L’Être n’est pas immobile, il est la vibration première qui a manifesté
le monde par le son. Sa pulsation se diffuse indéfiniment à toute sa création.
Dieu-champ-de-conscience n’est pas dans un ailleurs, il EST vous, il EST moi,
il EST votre enfant, il EST l’objet, la nourriture, la nature, le caillou, le pain, l’eau, il EST votre animal domestique, il EST l’ordinateur, il EST la voiture, vous pouvez le voir dans tous
les phénomènes humains, dans toutes les manifestations physiques, les phénomènes climatiques, les catastrophes. Dieu-champ-de-conscience n’est ni bien ni mal, il EST tout simplement.
- C’est une réalité physique : la physique quantique nous apprend que toutes les particules et les champs ondulatoires issues de la même source (en l’occurrence ici : provenant du Big bang) sont corrélées. Ce qui veut dire que tous les objets, êtres vivants et phénomènes crées depuis, sont tous interdépendants puisqu’ils sont constitués ou issus de l’atome de carbone, et au niveau ondulatoire de la lumière visible (photons issus du Big-bang), des champs gravitationnels et quantiques.
- C’est une réalité spirituelle : selon la philosophie moniste, les ondes spirituelles pensantes et créatrices issues du Dieu-champ de conscience sont constitutives et structurantes de la matière et des champs énergétiques.
- C’est une question de regard : le regard bienveillant que vous portez sur votre environnement, vos proches et le monde, vous les fait voir comme manifestation divine puisque ils sont constitués de matière spirituelle. Si nous ne le voyons pas ainsi, c’est parce que l’homme a oublié qu’il était Dieu-champ de conscience et a institué un comportement indépendant de Dieu, c’est l’homme qui a fabriqué ce monde injuste et violent car il n’a pas vu ni écouté la matière spirituelle qui le constitue. Ce voile d'illusion qui le persuade qu'il est matière et indépendant de toute chose doit être déchiré : c’est donc un travail de reconnaissance que nous devons effectuer.
Pourtant, ce n'est pas parce l'être humain est un autre vous-même et que c'est une partie de Dieu-champ de Conscience, que vous devez vous laisser embêter par des personnes agressives sans leur répondre.
Vous pouvez agir sans vous plier à tous les caprices et les égarements de vos contemporains en utilisant l’action non-violente qui passera par l’information, la pratique du dialogue, la concertation, la connaissance de l’autre, de la psychologie quitte à appliquer la désobéissance civique et citoyenne, quitte à utiliser dans un rapport de force la dissuasion, le chantage, la grève de la faim, la séduction, la ruse, des subterfuges, des pièges, des leurres, des astuces, des hypocrisies et des manœuvres mais sans jamais nuire à votre adversaire d’une manière fangeuse.
Possibilité de la non-violence laïque :
Les hommes sont mûrs pour cet enseignement non-violent qui a été refoulé. C’est maintenant que ce message peut être entendu par des peuples qui ont mûri. Depuis le début du 20ème siècle, le monde a traversé deux épouvantables guerres remettant en cause la bonté, la beauté, l’amour jusqu’à l’existence même de Dieu.
Le niveau d’instruction de l’ensemble des pays d’Occident a considérablement augmenté, ce phénomène s’est accéléré depuis une quinzaine d’années avec la généralisation de l’informatique personnelle et de l’Internet.
Sans avoir recours à la vision non-dualiste du monisme, l'être humain athée et rationnel considère qu’il ne peut aller au-delà des limites de ses sens et des connaissances scientifiques, que sa compréhension de la réalité est partielle devant un monde pluriel avec une multiplicité de points de vue, ainsi la réalité peut être perçue sous des angles différents mais toujours avec la possibilité d’admettre que l’Autre aussi a raison. La formation, l’éducation, le dialogue, la culture et l’Art doivent amoindrir la violence inhérente à l’être humain. L’action non-violente passera par l’information, la pratique du dialogue, la concertation, la connaissance de l’autre, de la psychologie quitte à appliquer la désobéissance civique et citoyenne, quitte à appliquer la ruse, des pièges, de l'intox sans jamais tomber dans la dégradation de l'Autre.
Didier Luccantoni, écrivain
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