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Le secret de la vague, roman

 

Couvface secretV2
Le secret de la vague, de Didier Luccantoni

livre e-book auto-édité sur Amazon Kindle prix : 2,99€
livre broché, version papier, auto-édité de 212 pages aux éditions lulu.com. prix 16,90€

Je suis à la recherche d'un éditeur pour ce roman


 
Résumé :  A la poursuite d’un vieux rêve, le héros, Axel, traverse l’océan Atlantique en compagnie de Nadège, sur un grand catamaran qui lui sert désormais de maison et de bureau. Au cours d’une terrible tempête Nadège disparaît en tombant à la mer.

Il est désemparé et assommé par la douleur. Il attend la mort en se laissant dériver sur son bateau, quand, au milieu de l’océan, il croise un yacht également à la dérive à bord duquel les passagers et les hommes d’équipage sont inconscients. Sauf un chat et Hestia, une jeune fille de 17 ans. Pour le convaincre de l’aider, elle le met en communication avec l’esprit de sa compagne récemment disparue.

Alors commence une aventure fantastique où les personnages se trouvent associés dans un combat contre le crime à bord d'un paquebot de croisière naviguant aux Antilles. Alors commence une histoire d'amour intemporelle...


Voici le premier chapitre :

 

                   Océan Atlantique, au large des îles Canaries

Samedi 11 novembre, 16h00

 

 

 

Les embruns fouettaient son corps nu. Ses grandes mains tenant fermement la barre du voilier de 18 mètres, il s’offrait aux éléments. Axel était heureux, il avait enfin retrouvé le goût de vivre. Non qu’il n’en eut jamais éprouvé de dégoût mais les chemins tortueux de sa vie avaient quelque peu entamé son féroce appétit de vivre. Le goût de la vie, le goût salé de l'océan. Il savourait pleinement ce moment tant attendu.

Depuis quinze ans, Axel Mallon avait orienté toute son énergie et sa ténacité pour vivre enfin ce moment exaltant de la traversée de l'océan Atlantique. De l’Europe vers l’Amérique, sur les traces de Christophe Colomb… Non plus à la découverte d’autres horizons, les hommes avaient déjà exploré la moindre parcelle de cette planète, mais à la recherche de son continent intérieur. Pour éprouver la liberté d’un rythme aligné sur l’infini des éléments et se fondre dans la nature en jouant avec les substances de la matière, l’eau, la terre, le feu, l’air…

En confrontant ainsi ses cinq sens aux éléments, il basculait dans un temps différent. Envoûté, Axel contempla avec excitation cette masse liquide agitée aux reflets argentés. La mer, déjà bien formée, commençait franchement à balancer le catamaran d'avant en arrière avec brutalité. Il accompagnait les mouvements du bateau en les exagérant, grisé comme l’enfant excité sur sa balançoire qui crie « plus haut, encore plus haut ! ». L’écume se détachait constamment des vagues en saupoudrant le pont de ses blanches crinolines. Les deux étraves parallèles traçaient résolument leur route dans cette mer nerveuse. Le ciel partiellement dégagé depuis des heures s’obscurcissait, la lumière jaunissante donnait à la mer d’inquiétantes teintes grises. Un grain très noir se formait sur l’horizon immédiat. Il allait devoir l’affronter.

La vigueur du soleil s’atténuait, le vent forcissant le fit frissonner. Même s’ils avaient largement dépassé l’archipel des Canaries, les journées de novembre en plein océan étaient relativement fraîches. Il lui fallait s’habiller et réveiller Nadège, ils ne seraient pas trop de deux pour préparer le bateau au gros temps. A tour de rôle, ils avaient assuré des quarts de quatre heures depuis le détroit de Gibraltar et Nadège commençait à fatiguer. De la musique provenait de l’intérieur du bateau, Axel reconnut un air d’opéra de Puccini. Il enclencha le pilote automatique et rentra dans le rouf en se réjouissant comme toujours de l’habitabilité du catamaran. La hauteur sous barrots de deux mètres ne l’obligeait pas à se courber et la lumière du jour entrait généreusement par de larges ouvertures sur une vaste pièce en forme de demi-cercle. Par goût de la navigation, Axel aurait préféré acheter un élégant voilier monocoque, le genre de bateau qui gîte sportivement, mais pour un usage d’habitation il avait opté au dernier moment pour ce catamaran d’aspect massif certes, mais sur lequel ils pourraient vivre confortablement. Car ce bateau était désormais leur maison, leur bureau et leur moyen de locomotion. Au centre du spacieux carré, il avait fait poser un confortable canapé en cuir de couleur havane, en forme de demi-cercle.


Nadège était assise en plein milieu de ce sofa qui délimitait la partie centrale du carré. Ses longs cheveux roux cachaient son visage penché sur la table. Elle entourait de ses longues mains fines une tasse de café. En y trempant ses lèvres elle fit la grimace, le liquide devait être chaud car elle souffla doucement dessus. Un son puissant et limpide sortait des enceintes de la chaîne hi-fi. Les yeux dans le vague, elle écoutait avec ravissement la musique du sublime duo Mimi et Rodolphe du premier acte de la Bohème. Mirella Freni et Luciano Pavarotti dirigés par Herbert von Karajan… l’extase ! Axel attendit la fin du morceau pour baisser le volume de la musique. Elle capta son regard grave :

- Je n’arrivais plus à dormir, ça secouait trop. J’ai regardé dehors, c’est bien une tempête qui nous arrive dessus ?

Il croisa ses profonds yeux verts, son regard fascinant le faisait fondre chaque fois qu’ils se parlaient avec les yeux. Il ressentit un petit pincement au cœur car il y avait décelé une inhabituelle lueur d’affolement. Elle avait peur. C’était sa première tempête, il devait la rassurer :

- Ouais, il faut se préparer. N’aie pas peur, mon petit loup. Rien de grave ne peut nous arriver. On va juste se faire sacrément secouer. Tu te souviens en Corse, dans les Bouches de Bonifacio ? On s’était fait bastonner par beau temps à cause d’une houle croisée. Et bien là, c’est pareil avec la pluie en plus, et ça va durer de longues heures. Tout ira bien, ne t’inquiètes pas ma chérie.

Il l’embrassa tendrement en lui caressant le cou avec ses ongles, comme elle aimait. Elle frissonna et se pressa contre lui pour quémander un autre baiser, qu’il lui prodigua avec fougue. En soupirant, il rompit les roucoulades. Il leur fallait se préparer pour affronter la tourmente.

- Allez ! Au boulot ! Tu enfiles la tenue de combat.


D’une couleur orange très voyante, les combinaisons de survie isolaient le corps de la morsure des éléments et les protègeraient d’une hypothermie mortelle si, par malheur, l’un d’eux tombait à la mer. Trois mois auparavant, lors de leur première grande sortie en mer, ils s’étaient entraînés chaque jour à enfiler leurs combinaisons et les harnais pour effectuer les indispensables manœuvres de sécurité. Elle avait trouvé cela fastidieux et quelque peu exagéré. Connaissant les dangers des éléments déchaînés pour y avoir été souvent exposé, Axel avait insisté. Endossant le rôle de skipper, il avait réparti les tâches et rôdé des réflexes qui allaient leur servir aujourd’hui. Ils devaient ranger tout ce qui était susceptible de bouger et verrouiller toutes les écoutilles. Ils ajustèrent leurs harnais de sécurité, vérifièrent les balises émettrices dans leurs poches étanches et ils sortirent sur le pont en accrochant immédiatement leurs longes aux points d’ancrage du cockpit pour éviter de tomber à la mer. Se déplacer sur un voilier pris dans le mauvais temps requiert de grandes notions d’équilibre et de l’instinct, alors, en s’accrochant à tout ce qui leur permettait de progresser, ils firent le tour de tous les points vitaux du bateau. Il avait réduit presque complètement la voilure pour éviter de se la faire arracher par les violentes rafales de vent puis il se concentra sur la meilleure stratégie pour affronter cette tempête qui promettait une lutte sans merci. Mais il adorait ça, il adorait combattre, Axel était un guerrier. Il allait défendre chèrement sa vie et celle de Nadège car apparemment l’océan avait décidé de les combattre. Les creux de 3 mètres se transformaient en trous impressionnants de 7 à 8 mètres dans lesquels le voilier commençait à s’enfoncer violemment…


Les éléments se déchaînèrent avec une rare violence. Le gros mauvais temps leur était tombé dessus subitement. Un vent sans entrave rugissait en poussant de volumineux nuages noirs traversés d’éclairs qui semblaient annoncer une fin du monde imminente. La foudre s’abattit à plusieurs reprises autour du voilier comme autant d’obus de canon le visant sans jamais l’atteindre. Les flots bouillonnants projetaient leur écume vers le ciel en formant des spectres blanchâtres qui se dissolvaient aussitôt sous l’effet d’une lourde pluie. Ces miasmes de l’océan se déversaient par bourrasques sur le catamaran en difficulté au milieu de l’Atlantique. Pourtant Axel hurlait de plaisir, il adorait se confronter aux éléments déchaînés. Grisé par le combat, il en avait même oublié sa compagne. En la cherchant du regard, il comprit aussitôt que Nadège n’appréciait pas la situation. Le visage blême et fermé, les yeux fixés vers un horizon imaginaire, elle essayait de contrôler sa peur en s’accrochant de toutes ses forces aux barres de sécurité du cockpit. D’un coup d’œil, il vérifia que son harnais de sécurité était bien attaché à la longe capelée à son point fixe. Bon ! elle était en sécurité, mais par gros temps, il valait mieux qu’elle soit à l’abri. Inutile de l’exposer au danger plus longtemps, elle avait fait sa part de travail sur le pont. Il lui cria de rentrer dans le rouf à l’intérieur du bateau. Alerté par un bruit insolite de déchirement, il leva les yeux pour apercevoir le peu de voile encore disponible en train d’éclater sous la force des rafales hurlantes. Les assauts de la mer déchaînée envoyaient ses implacables déferlantes contre les coques du catamaran. Ebranlé par ces terribles chocs, violemment giflé, le voilier protestait en grinçant, en craquant de toutes parts mais il tenait bon. Dans les creux, telle une monstrueuse créature marine prête à l’avaler, une masse liquide menaçante le dominait. Sur la crête des vagues, il surfait dans un inquiétant déséquilibre qui pouvait l’éjecter à tout moment. Tassé dans le coin bâbord du poste de pilotage, accroché fermement à la barre, Axel cria de nouveau à l’adresse de Nadège :

- Mets-toi à l’abri !

Il lui fit un signe impératif en désignant le carré intérieur. Mais elle semblait paralysée. Il hurla pour couvrir le vacarme des éléments :

- A l’intérieur ! Rentre à l’intérieur !

Elle l’entendit enfin et lui fit signe qu’elle retournait dans le rouf. Il lui adressa un baiser en soufflant sur sa main ouverte.

Ils étaient amoureux comme des collégiens et il s’en voulait de l’avoir entraînée dans cette traversée de l’Atlantique. Elle pratiquait la planche à voile en ayant un sens inné de la vague, mais elle angoissait dès que la côte n’était plus visible. Par amour pour lui, elle avait surmonté son appréhension de la haute mer et cela le rendait doublement responsable d’elle. Maintenant il devait sécuriser leur exposition aux éléments, le mieux était de mettre le bateau en fuite et pour cela il lui fallait attendre le moment propice, après le prochain rouleau. 

Pour le moment, ils étaient dans le creux de la vague, le voilier se trouvait à l’arrêt comme un soldat essoufflé et chancelant après une première attaque repoussée frénétiquement. Le catamaran gémit de toutes ses structures en remontant à la vague suivante, nettement plus grosse que les précédentes. Un peu comme la septième vague au bord de l’océan, elle était plus puissante, plus volumineuse. Il écarquilla les yeux quand il se rendit compte de sa taille, dans les vingt mètres de hauteur, plus du double des vagues qu’il affrontait depuis quelques minutes ! Axel fut saisi d’une peur panique. Il avait entendu parler de la vague scélérate par des marins, le soir dans les bistrots des ports où il relâchait. Personne ne l’avait vue mais cette déferlante exceptionnelle alimentait les légendes du monde de la mer. Et là, il était en plein dedans !
   
Le bateau escalada vaillamment le mur d’eau dans un fracas assourdissant, l’inclinaison se fit très brutalement. Des trombes d’eau envahirent le pont, Nadège glissa et perdit l’équilibre au moment où elle décrochait son mousqueton pour rentrer dans le rouf. Une seconde, ça n’avait pas duré plus longtemps. En une seconde, les flots furieux l’avaient emportée, sous les yeux effarés d’Axel. Un petit cri et puis plus rien. Perdant toute prudence, il se précipita vers l’arrière en hurlant pendant que le puissant déferlement d’eau couvrait le bateau tout entier. Il avait instantanément compris qu’elle était perdue, sans aucune chance de la rattraper. Dans un geste désespéré, Axel jeta la bouée de secours par-dessus bord, puis il se raccrocha au siège du barreur mais il lâcha prise tellement ses bras crispés lui faisaient mal. Heureusement, le harnais le retint brutalement. Il se cogna fortement la tête contre un montant. Son cerveau enregistra avec effroi les dernières impressions de cette apocalypse autour de lui, le grondement assourdissant du bouillonnement des eaux tourbillonnantes qui l’entraînaient en l’aspirant irrésistiblement par le bas…


La suite est à lire dans le livre imprimé en vente sur le site lulu.com (version papier)

ou sous forme e-book Amazon Kindle (version e-book)


Notes sur la forme du roman : 

     Plus profond qu'un roman de Marc Lévy et plus attrayant qu'un essai sur la spiritualité, ce roman sentimental développe une intrigue fantastique dont le thème audacieux met en scène les humains et leurs guides de l'au-delà dans l'éternel combat contre les forces obscures.

La construction de ce roman fantastique, basé sur les mystères d’Eleusis, utilise un style d’écriture inspiré de la théorie du réalisme magique du cinéaste belge André Delvaux.

«  En Art il faut viser très haut, le plus haut possible pour atteindre les gens dans leur sensibilité, pour leur faire révéler en eux leur propre réalisme magique. Mettre en conjonction des éléments du réel progressivement et ainsi décaler le réel par touches insensibles, en décalant progressivement le réel pour faire sourdre cette zone de l’inconscient que Freud appelait "l’inquiétante étrangeté".

La progression du récit mêlant réalité, incursions des dieux dans notre monde et voyages dans l’astral, possède son rythme propre avec ses pauses et ses ses reflexions et ses actions qui permettent une mise en condition du lecteur. Il l’engage, malgré lui, dans une quête sur lui-même et son rapport à la réalité.
Faire prendre conscience au lecteur que le déplacement de perspective suppose d’appréhender le monde différemment. C’est une démarche holistique qui inclue des éléments nouveaux dans les schémas habituels de pensée sans invalider les acquis précédents. Sans rupture ni remise en cause brutale, juste par petites touches insensibles et progressives.


Notes sur le fond du roman :

L’être humain prend conscience de la pluralité des mondes par une démarche spirituelle intérieure. Explorer les forces invisibles.

Alors qu’il croit vivre dans son seul corps physique et dans une seule réalité terrestre, l’être humain en quête de lui-même fait l’expérience de son corps éthérique (énergétique), de son corps astral (le double astral), et de son corps causal (son âme). Son corps se révèle aussi multiple que les multiples réalités liées aux différents niveaux de conscience (Jean M. Rivière, in le yoga tantrique).

Mon roman permet d’entrevoir les explorations que l’homme se doit de faire à l’intérieur de lui-même pour revendiquer sa complète humanité. 
L’exploration se situe dans un univers holistique qui intègre l’intellect et se prolonge au-delà, qui englobe les phénomènes physiques et se prolonge au-delà, qui annexe la sensualité et se prolonge au-delà, qui contient les sentiments et se prolonge au-delà. Au-delà de la pensée et de la matérialité existe un monde que nous pouvons atteindre que de l’intérieur.


J’espère vous avoir donné quelques pistes, chers lecteurs…
Bonne lecture ! 

 

 

Le secret de la vague, roman de Didier Luccantoni

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Didier Luccantoni, romancier

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