Partager l'article ! Croisière sans retour, roman: Croisière sans retour, roman de Didier Luccantoni Roman sous forme d'e-b ...
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Résumé :
"Croisière sans retour" met en scène un informaticien de haut niveau qui, se vendant à une autre entreprise, s'enfuit à bord d'un paquebot en croisière aux Iles Seychelles. Le commando chargé de son exfiltration est dirigé par une femme d'action au passé trouble. En tombant amoureux, ils vont perturber les plans d'une organisation terroriste et des services secrets américains et français aux intérêts divergents. Les deux héros, pris dans un contexte géopolitique qui les dépasse, doivent combattre pour leur vie. Al Qaeda se sert de l'islam pour s'attaquer aux intérêts et symboles occidentaux partout dans le monde, la NSA et la DGSE ont fort à faire pour déjouer les plans des terroristes. L'histoire révèle le dessous des cartes des enjeux idéologiques et politiques dans un passionnant puzzle géopolitique.
Extraits du roman : prologue et chapitre 1
Prologue
Base militaire de Sarona, Alaska
Février 1998
Tous les ingénieurs et les techniciens se tenaient prêts. Le silence s’était installé dans la salle de commandement après l’annonce générale. Tel un chef d’orchestre, le contrôleur général des opérations avait soulevé ses bras en surveillant attentivement les écrans. Il énonça clairement le décompte des dix dernières secondes puis d’un geste aérien à la fin du compte à rebours, il balança énergiquement ses mains vers le bas en appuyant sur un gros buzzer rouge.
Au top départ, cinquante antennes de vingt mètres de haut crachèrent leur puissant flux d’énergie électromagnétique à haute fréquence vers l’atmosphère de la Terre.
Un faisceau d’ondes d’une phénoménale puissance s’éleva dans le ciel, traversant la stratosphère pour s’installer dans l’ionosphère à soixante kilomètres au-dessus de la base de Sarona, à la
verticale du pôle Nord. Dans cette partie du ciel, l’ionosphère capture les particules issues des tempêtes solaires et galactiques. Cette couche à haute densité énergétique joue le rôle de
bouclier au même titre que la couche d’ozone. Mais aujourd’hui, les militaires allaient transformer cette couche d’air ionisée en une arme redoutable.
Deux satellites envoyèrent des informations encourageantes, la première phase de l’opération se déroulait avec succès. Des applaudissements nourris résonnèrent dans la salle de commande, on salua
la formation d’un vaste miroir d’ondes, un champ magnétique d’une surface de plusieurs kilomètres, dans la haute atmosphère de la Terre. Ce miroir servait d’antenne virtuelle qui allait renvoyer
vers la Terre des ondes de très basses fréquences. L’usage polyvalent et particulièrement agressif de cette nouvelle arme sur l’activité humaine devait démontrer un potentiel terrifiant. Une arme
qui pouvait paralyser l’ennemi sans le tuer, une arme qui brouillait toutes les communications, une arme qui avait la faculté de changer le climat et de perturber les ondes cérébrales des êtres
vivants.
Après avoir pianoté un code sur son clavier, le contrôleur général déclencha la phase opérationnelle de l’expérience. Les délégués de tous les services secrets gouvernementaux ainsi que les généraux responsables de chaque corps d’armée assistaient à cette séance de démonstration. Il ne fallait pas se louper, l’ambitieux projet Harpe devait définitivement assurer aux Etats-Unis d’Amérique la suprématie mondiale pendant le siècle à venir...
chapitre 1
Ile de Diego Garcia, Océan Indien
Dimanche 26 décembre 1999
Thomas essuya la sueur qui perlait sur son front. Penché sur l'écran d’ordinateur, concentré, efficace, il fouillait les mémoires du réseau Fera pour la
dernière fois. Se rejetant en arrière, il inspira et expira longuement, contrôlant son souffle pour évacuer la peur qui s'emparait de lui. S'il était découvert maintenant il risquerait les ennuis
habituels au délit de hacker : interpellation, cuisinage en règle par le service de sécurité, interrogatoire poussé des services de renseignement pendant des semaines et prison.
Heureusement, il avait suffisamment posé de pièges informatiques pour pouvoir négocier.
Il suspendit son dernier geste et, relevant la tête, il observa pensivement la paroi en verre dépoli qui séparait son bureau de la grande salle de commandement. De nombreuses silhouettes s'agitaient et se déplaçaient. Ses collègues de travail. Thomas avait toujours observé l'activité du centre de recherche avec amusement. Une véritable fourmilière, active tous les jours de l'année, vingt-quatre heures sur vingt-quatre les membres des différentes équipes se relayaient, tous animés d'une foi inébranlable dans les nouvelles technologies, tous tendus vers le même but : écouter les rumeurs du monde...
Comme tous les jours en milieu d'après-midi, la pression se relâchait à l'approche de l'heure du thé. Cette tradition typiquement britannique avait été transplantée avec succès au cœur d'une entreprise résolument américaine. D'origine anglaise, l'architecte du bâtiment avait conçu les lieux en forme d'étoile à vingt branches sur le modèle de la rose des vents. Les branches paires, courtes, étaient des bureaux. Les longues branches impaires rassemblaient un ensemble de locaux techniques. Sur deux étages, le cœur du système occupait le vaste centre de l'étoile symbolisé par de longs pupitres de commande et d’une multitude d'écrans vidéo et d'ordinateurs. De confortables espaces de conférence avaient été aménagés pour créer des pôles de travail interactifs où plusieurs équipes pouvaient simultanément échanger leurs recommandations. De nombreuses rampes en pente douce reliaient les différentes zones, favorisant une mise en commun du travail des divers départements de recherche. Déjà, des petits groupes se formaient autour d'un mini-buffet ravitaillé par deux serveurs en chemise blanche et nœud papillon. Malgré la remarquable insonorisation des lieux, Thomas percevait la rumeur de l'attroupement du tea-time. Il allait devoir les rejoindre pour donner le change.
Pourtant en cette minute, seul son avenir lui importait. Pris soudain d’un énorme doute, il songea à abandonner son projet fou. C’était maintenant ou jamais. Faisant le vide en lui, il chassa toutes ses mauvaises pensées et appuya résolument sur la touche « enter » du clavier d’ordinateur. Les dés étaient jetés. Plus de retour en arrière possible. Dans quelques heures, il deviendrait l’homme le plus recherché par le gouvernement des Etats-Unis. Son existence allait devenir désormais une fuite permanente dès qu'il aurait quitté les locaux de la Compagnie Fera. Car Fera développait des systèmes de cryptage ultra-secrets pour la NSA...
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Notes sur le contexte et analyse du fond :
L’écriture de ce roman a commencé au lendemain du 11 septembre 2001.
Les télévisions du monde entier continuaient à passer et repasser les images de l’attentat contre les deux tours jumelles du World Trade Center à New York, la première tour avec son panache de
fumée noire, le deuxième avion s’encastrant dans la seconde tour en explosant et pour finir, l’écroulement des deux tours dans un morbide nuage de cendres et de poussières, atomisant ainsi des
milliers d’êtres humains. Les médias commençaient à parler de Ben Laden et du terrorisme islamiste. Dans mon cerveau en ébullition tournait sans cesse cette question : comment des êtres
humains pouvaient-ils être assez fous, assez fanatiques, assez haineux pour tuer ainsi des milliers de leurs semblables ?
Oh ! notre histoire occidentale récente, jonchée de millions de cadavres et de traumatismes indélébiles liés à la folie des hommes, montre à l’évidence que les hommes ne s’aiment pas, les
occidentaux sont donc mal placés pour donner des leçons.
Mais en 2001, c’est la première fois que des hommes assassinent en direct télévisuel d’autres hommes, des femmes et des enfants en montrant au monde entier leur haine triomphante au nom de Dieu.
Non pas au nom de Dieu, mais plutôt au nom de leur conception de Dieu. Mais quelle est donc cette conception ? Dans quel coin obscur de leur esprit embrumé ces assassins sont-ils allés
chercher le pire de la barbarie ? Il me fallait étudier leur cheminement, me renseigner sur les réseaux terroristes et afin d’avoir une vue d’ensemble, étudier leur culture et l’islam la
religion qu’ils revendiquent.
Comme toute religion, l’islam s’est développé selon deux axes : le temporel au milieu de nombreuses vicissitudes a créé un soubassement doctrinal et territorial pour que le spirituel se déploie dans le cœur des hommes. En aucun cas le spirituel, censé diffuser une noble et haute énergie d’Amour pour élever les âmes, ne peut servir à favoriser les basses énergies que sont le meurtre, la haine et les actes guerriers.
A ceux qui pourraient me reprocher d’associer islam et terrorisme, je répondrai simplement que ce roman a justement été écrit pour faire la part des choses, pour discerner ce qui tient de la religion musulmane, de la culture, des mœurs et de la politique. Car depuis 2001, les enquêtes sociologiques ont mis en évidence que l’islam était devenu la deuxième religion en France avec six millions d’habitants de confession musulmane dont la moitié de pratiquants. Cet événement en soi, ajouté au souvenir brûlant du 11 septembre 2001 suscite des questionnements chez bien des Français de souche.
Autour de moi, à Marseille et sur la région Paca vivent cinq cent mille habitants de confession musulmane. Comme j’aborde des notions d’ethnie et de religion, loin de m’inscrire dans un discours raciste et ségrégationniste, j’ai souhaité aller à la rencontre de leur culture et de leur religion.
Parce que, désormais l’islam est une des composantes de la culture française, et qu’en pays démocratique il est de tradition de connaître les us et coutumes et les religions des uns et des autres
pour bien se comprendre et vivre ensemble.
Evidemment cela passe par le questionnement, l’étude et l’exposition des fondements culturels et religieux, la liberté de critiquer, d’interpréter et il est donc indispensable d’accepter de se
faire interroger et d’éclaircir les malentendus. Les laïcs, les libres-penseurs, les rationalistes, les catholiques, les protestants, les juifs, les agnostiques, les bouddhistes ont tous exposé
leurs doctrines et leur histoire.
C’est maintenant au tour des musulmans qui sont venus habiter en terre européenne d’exposer leurs islams, car il y a plusieurs courants comme dans le christianisme, pour que leur intégration dans le tissu social français soit complète et évidentedans le bien être et bien vivre ensemble. Evidemment cela passe par le questionnement et l'exposition des fondements culturels et religieux, la liberté de critiquer, d'interpréter et il est donc indispensable pour les musulmans d'accepter de se faire interroger et d'éclaircir les malentendus.
Mais rien n’est jamais simple, la religion musulmane vécue en France est secouée de crispations dans un mélange de peurs, de frustrations, d’indignation contre l’attitude cynique des gouvernants
occidentaux, de plaies jamais refermées de la colonisation, de souffrances ségrégationnistes empilées sur des générations et enfin des courants fondamentalistes comme les salafistes qui
provoquent sciemment des confrontations politiques et défient sans cesse le droit français par des symboles vestimentaires afin d'organiser la confusion entre religion et coutumes
machistes.
Alors, je viens en messager de paix en disant que:
Non, Dieu n’est pas responsable de la folie des hommes.
Non l’islam en France ne se résume pas à des questions vestimentaires et ne doit pas être l'otage des salafistes et du Wahabisme.
Non, l’islam n’est pas en cause dans la conduite d’intolérance de fondamentalistes qui existent aussi dans toutes les religions ou les courants de pensée.
Oui, la connaissance mal ingérée conduit à l’ignorance.
Oui, l’islam d’Europe peut enseigner le Coran dans une lecture éclairée.
Oui, les guerres répétées au Moyen-Orient engendrent le terrorisme, région où se croisent les religions et les intérêts pétroliers.
Oui, l’obscurantisme de certaines traditions sociales, oui la manipulation du peuple par une élite mal attentionnée, oui l’utilisation de la religion par calcul politique amènent le fanatisme, la terreur et la barbarie. Et le malheur.
On a déjà vu ce scénario des dizaines de fois dans l’histoire de l’humanité, dans toutes les cultures, dans toutes les religions, dans toutes les civilisations.
Puisse ce roman participer à éclairer les coins obscurs de nos consciences.
Puisse ce roman apporter la paix dans les cœurs.
Didier Luccantoni, romancier
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