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Finance : la nouvelle barbarie
Dans nos sociétés occidentales, si la barbarie de masse ne s'exprime plus par des guerres, nous pouvons néanmoins la retrouver dans des versions amoindries, sous une forme directe : la violence de la délinquance ordinaire, celle des stades de football et celle des bandes de banlieues.
Et la barbarie indirecte : la violence des structures financières.
1/ Délinquance ordinaire de la barbarie directe :
La délinquance ordinaire comme les vols, les agressions, les hold-up et les crimes crapuleux a certes énormément gagné du terrain depuis une quarantaine d'années mais sa médiatisation étant généralisée, elle a fait apparaitre des phénomènes d'incivilités de masse comme si la délinquance était devenue un modèle, une référence à partir de laquelle de très nombreuses personnes aculturées peuvent justifier leurs comportements inconvenants, agressifs et irrespectueux au titre d'une nouvelle norme sociétale. Cette petite barbarie du quotidien que nous subissons tous, marque à l'évidence chez ces terroristes du quotidien un échec individuel d'adaptation aux valeurs positives et une réelle difficulté de l'éducation familiale et structurelle a instiller en eux une culture.
L'homme violent et barbare sent d'instinct qu'il vaut mieux fonctionner en groupe, et le groupe s'affirme dans la notion de territoire, que l'on retrouve très nettement dans le fonctionnement des bandes de banlieues. Comme ces jeunes habitants de cités ne possèdent qu'un langage rudimentaire (environ 500 mots), ils n'ont pas de propriété en biens propres, et souvent pas de revenu légal non plus, alors l'occupation systématique d'un territoire devient leur propriété, leur terrain de jeu et les habitants deviennent, de fait, leurs otages.
N'oublions jamais que ces enfants (âgés de 10 à 25 ans) se sont révélés imperméables à l'éducation et à la culture, rebelles à la notion même de travail, rebelles à l'autorité et à l'amour. Ces enfants blessés vivent en meutes car la force du groupe transcende leurs carences individuelles. Leur souffrance et leur impuissance s'expriment par un langage basique et agressif, engendrant une violence incontrôlée qui est devenue leur seule expression d'être. Ces enfants-hommes sont capables et coupables de violences envers leurs proches, envers des objets symboles de formatage comme des voitures qu'ils incendient, comme les vitrines de magasins qu'ils pillent à la moindre occasion. Ces bandes s'affrontent dans le plus pur archaïsme animal de la meute qui s'attaque à une autre meute sur des prétextes futiles ou des revendications de territoires.
Les bandes de supporters de clubs de foot sont organisées également en territoire, le virage sud ou la tribune nord d'un stade leur appartient au sens terrien autant que symbolique tout autant que leur équipe de foot, dont ils estiment être les défenseurs légitimes. Grâce à cette identification, tous les moyens sont mis en œuvre pour affronter et battre la bande des supporters de l'équipe adverse, indépendamment du jeu de leur équipe sportive. Même si ces supporters sont des hommes intégrés dans notre société, des adultes-enfants immatures en souffrance, en rupture avec eux-mêmes donc avec leur milieu social le temps de s'offrir un défouloir de leurs instincts belliqueux car eux aussi n'ont qu'un langage réduit. Bastonner tel est leur objectif, peu importe s'il y a un mort, l'important est de ne pas se faire prendre.
2/ Délinquance de la finance, barbarie indirecte et déresponsabilisée :
La notion de territoire est toujours aussi présente et prégnante dans la finance avec ce mot d'ordre : dominer
l'autre, dominer le monde, jouissance de la matérialité.
A l'inverse des barbares des rues, les financiers possèdent un langage riche (+ de 2500 mots) et l'aisance psychologique des dominants qui leur permet de duper l'ensemble des populations.
Financiers et politiciens usent du langage pour manipuler les foules et les médias, en fait ils utilisent les services des professionnels de la communication et du langage qui s'appuient sur la
psychologie sociale pour influer sur les groupes et les individus. Car leur pouvoir repose essentiellement sur la parole et l'utilisation du savoir à des fins cupides et dominatrices.
Une entente du pouvoir financier et des politiques est en train de piller littéralement les Etats, les uns après les autres. La barbarie de l’argent met en évidence que le libéralisme économique attaque le système Etat-nation par le biais des agences de notation.
En notant les Etats
d’une manière financière, des officines privées émanant du pouvoir financier sont en train de faire basculer dans une obligation de résultat, les
Etats qui n’ont pas vocation à être rentables mais à prendre en charge une population pour l’éduquer, l’élever socialement et culturellement. Si une entreprise a une
obligation de résultat car elle est dans une économie à but lucratif, un Etat ne saurait être dans cette sorte d’économie car la fonction d’un Etat n’est pas financière. La vocation d’un Etat est
d’assurer les infrastructures d'un territoire, le fonctionnement politique, social, éducatif et culturel pour prendre en charge l’éducation et la sécurité d’un peuple, sans but lucratif !
Bon, effectivement en France, il faudrait certainement réformer des fonctionnements comme par exemple cet empilement de divisions administratives allant de la gestion cantonale, municipale et communauté de communes, départementale, régionale, étatique et européenne. Et bien d'autres secteurs encore que l'on peut rationnaliser, mais de grâce, ne laissons pas le pouvoir financier s'emparer des Etats et le laisser nous gouverner !
- Le contrôle financier par le truchement de la Cour des Comptes existe déjà, n'est-ce pas ? - Le contrôle des finances publiques existe également au niveau Européen par le pacte de stabilité et de croissance (PSC), n'est-ce-pas ?
alors pourquoi cette ingérence de la finance internationale dans les comptes des Etats ?
Que se passe-t-il actuellement ?
Comme par hasard, en pleine torpeur estivale 2011, les bourses s’affolent, la Finance manœuvre en expliquant que les Etats doivent rembourser les dettes qu’ils ont contractées auprès des banques et qu’il faut désormais inscrire une règle d'or en lettres d’or (signe que les adorateurs du dieu or sont plus que jamais actifs) dans leurs constitutions, une obligation financière. Si les agences de notations sont aveugles au niveau économique (la crise des subprimes l'a clairement montré), elles sont clairvoyantes sur le plan de la psychologie car, par un discours d'intimidation, elles influencent les décisions des banques et des Etats.
Quelle manipulation honteuse ! quelle barbarie !
Ces mêmes banques, ces mêmes financiers, ces mêmes agences de notation, ces vils spéculateurs ont, depuis 40 ans, endetté les Etats à dessein et mis en place les hommes politiques pour le faire. Une preuve parmi d'autres : la dette sociale des entreprises envers l'Etat français depuis 40 ans s'élève à 100 milliards d'Euros !
Ce n'est pas l'Etat français qui est dépensier, ce n'est pas une crise
de la dette à laquelle nous sommes confrontés, c'est une crise des revenus de l'Etat, c'est une crise de la recette organisée sciemment par le pouvoir financier ! idem pour nos voisins
européens.
Car, par facilité et par calcul, nos gouvernants ont préféré endetter l'Etat plutôt que de faire rentrer les impôts des sociétés du CAC 40, de faire rentrer la part patronale des cotisations
sociales des grosses entreprises et de ne pas avoir taxé le revenu financier. La finance et les grosses entreprises exercent depuis 40 ans un chantage sur l'Etat français et aucune volonté
politique, même quand la Gauche était au pouvoir, ne s'y est jamais opposée.
Résultat des courses :
- La mauvaise gestion permanente liée, non pas à l’incompétence de nos dirigeants, mais plutôt à leur ferme volonté de mettre leurs Etats en faillite en ayant recours systématiquement à la dette pour financer souvent des réformes qui, bien sûr, profitent plus aux riches qu'à l'ensemble des peuples en nous faisant croire le contraire, afin que le pouvoir financier récupère l’ensemble des fonctions étatiques qu’ils veulent rentabiliser.
- La finance et les banques veulent clairement gagner de l'argent sur les peuples en voulant se substituer aux Etats eux-mêmes. S'emparer des fonctions régaliennes des Etats et en faire des machines à rentrer du cash !
Faut-il rappeler que cette même finance sauvage, sans foi ni loi, fer de lance du libéralisme économique a déjà eu recours à des stratagèmes aussi honteux, il n'y a pas si longtemps en 2008, après avoir sciemment provoqué la crise des subprimes et son effet de dominos, les banques et la haute finance se faisaient prêter de l'argent ou se faisaient garantir leurs fonds par les Etats pour éviter un marasme économique mondial ; les Etats coincés ont dû mettre l'argent sur la table ! Voilà une belle démonstration des acteurs du libéralisme économique pris la main dans le sac : organiser des crises pour socialiser les pertes et privatiser les gains.
Encore une fois, nous sommes victimes d’une machination ourdie par les forces sombres du libéralisme économique,
par la spéculation des adorateurs du dieu Dollar.
Entendez-vous les journalistes, les analystes, les consultants, les hommes politiques de droite, en attendant d’autres ralliements, pourquoi pas de gauche et d'ailleurs, bref tous les serviteurs zélés du libéralisme économique nous dire, nous marteler à longueur de chronique que les carottes sont cuites et que les peuples vont devoir se serrer la ceinture et payer pour les politiques volontairement irresponsables de leurs dirigeants ! Les entendez-vous décrier systématiquement le fonctionnement des Etats, afin de préparer la victoire totalitaire du libéralisme économique sur tout autre forme de gouvernance humaine !
Mais ces hommes politiques, ces journalistes, ces financiers,
Non, car le royaume des traders, des spéculateurs, des financiers et des banques leur promet et leur rapporte
suffisamment pour pérenniser leur hégémonie. Il existe des solutions pour contrer le royaume du libéralisme économique mais aucun pouvoir n'est
suffisamment fort pour s'y opposer.
Honte à vous, êtres humains cupides, serviteurs de l’argent sombre, spéculateurs et requins de la haute finance et de la banque, qui agissez en toute impunité ! Honte à vous de manipuler ainsi vos frères humains et de perpétrer la barbarie et l’asservissement !
Quand la finance dicte son comportement à la Grèce, à l’Italie, au Portugal et donc à la Communauté Européenne : on l’a vu récemment lors de l’interdiction d’un référendum en Grèce, qu’est-ce sinon le deni de l’exercice même de la démocratie d’un peuple souverain.
Quand la finance ultra-libérale dicte son comportement aux peuples sur leurs choix énergétiques :
l’ingérence des lobbies et industries de l’atome sur la politique des Etats après la catastrophe nucléaire de Fukushima (bilan : 80 morts directs, 200 000 personnes déplacées, une région
entière interdite à ses habitants pour des dizaines d’années, l’économie japonaise affaiblie, et des nuages radioactifs qui déversent leur mort lente sur l’ensemble des populations de la
planète). Les pouvoirs de l’argent imposent aux peuples d’une manière autoritaire et anti-démocratique une technologie non maitrisée qui a démontré définitivement sa dangerosité, c’est un déni
d’humanité caractérisé.
Cette ingérence intolérable directe et concrète du royaume de l’ultra-libéralisme économique sur l’Etat-nation démontre la mainmise de l’argent sur le pouvoir démocratique.
Alors quelles solutions pour contrer la toute-puissance de la finance ultra-libérale qui gouverne, de fait, les Etats et les peuples ?
Lui couper l’herbe sous le pied !
C’est la solution du sociologue et philosophe allemand contemporain Jürgen Habermas.
Il préconise la disparition de l’Etat-nation au profit d’une gouvernance supra-nationale dans une perspective qui insiste sur l'application éthique stricte de la démocratie par-delà les Etats et la finance. Les peuples ne doivent pas se sentir attachés à leur pays, mais aux institutions démocratiques qui garantissent le respect des citoyens.
Je rajouterai :
- Et mettre en place des politiciens honnêtes ( si, si, il y en a !) et soucieux du bien public.
- Et introduire des monnaies complémentaires d'une manière officielle. Au Brésil et au Japon plusieurs expériences se déroulent depuis plus de 10 ans, à l'échelle d'une région, on a mis en place un système de monnaie complémentaire sociale centrée sur les problèmes de santé des personnes agées. Au brésil, dans la région du Nordeste depuis 25 ans toute la collecte des ordures et du recyclage fonctionne sur ce type d'économie
Sur ce modèle, on peut créer des systèmes monétaires complémentaires à l'échelle de villes ou de régions sur des secteurs précis de l'économie humaine : santé, produits alimentaires, services, énergie. Bref une économie coopérative locale qui vient suppléer les carences et les dégats du système monétaire financier global.
Ce système doit être mis en place d'une manière impérative en Grèce pour permettre de pallier à leur étranglement financier décidé par l'Europe et d'envisager une sortie de l'Euro moins catastrophique.
Vous désirez comprendre comment se déroule une bataille boursière ?
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Didier Luccantoni, écrivain
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petite bibliographie portative:
- Jeux de haine de Jean-Louis Debré, éd. Fayard
- Articles de Rue89.com sur le groupe de Bilderberg
- Comment j'ai liquidé le siècle, de Flore Vasseur éd. de l'Equateur
- L'ensemble des articles du Monde Diplomatique sur la finance et l'économie vous donnera un panorama assez complet des stratagèmes du libéralisme économique.
-Au coeur de la monnaie, de Bernard Lietaer, écitions Yves Michel.